Maintenant que je goûte prosaïquement à la solitude, la vraie, avec un studio vide et la vaisselle à faire, maintenant que je comprends mieux ce qui signifie la débrouillardise et le sens pratique, je me dis que lerrance et la perdition ne me séduiront jamais plus quun lamentable chagrin larmoyant dans les bras de ma mère. La solitude, quand je ne laimais quà travers un mepris hautain envers ceux que je nappréciais pas, quà travers les destins humides de Buendia, esquissait dans ma quiétude enfantine un avenir doux et blanc, calme et humble. La solitude sournoise qui prend racine dans une timidité façonnée au fil du dédain et des peurs, la vraie solitude, qui vous mord quand il y a foule, et vous dévore entièrement quand vous pliez vos draps fraichement lavés, minuscules et immaculés, cette solitude, banale, maintenant que je lenlace avec dégoût, mécure et meffraye. Les enlacements amicaux hypocrites, qui mécuraient et mennuyaient, me manquent terriblement. Une nausée pour une autre. Je suis redevenu puceau, redevenu jeune et anxieux. Je ne pensais pas ravoir les mains moites. Il y a quelques mois seulement, je suçais dans une fête et éjaculais dans un cinéma, puis meprisais lamour et me pavanais dans un lidéal de lermite.
Jai toujours pensé que la nature de lHomme était la dualité. Des flèches, à sens unique, tracent les axes de pôles imaginaires. Je ne mérite même pas une démagnétisation, ma boussole indique juste un nord différent, mais toujours aussi froid, toujours aussi gris.
Jusquà quand croirai-je que si ma vie finit par ne même plus mériter cette appellation, avant dêtre physiquement mort, je déserterai mon quotidien et fuirai avec un but précis. Mes objectifs foisonneront damour, de sexe, de provocation, dignorance, mes armes seront un courage puéril semblable à celui qui nait une minute avant lapocalypse. Je fantasmerai même des nuit entières sur cette ultime explosion, ultime échange, qui sera à nen pas douter, extrême et puissant, grandiose et rempli.
Qui a le noir veut le blanc. Qui a le blanc veut le noir. La dualité humaine. Le nord gris. Tout prend un sens moqueur. Peut-il y avoir une ultime extrémité, peut-il y avoir du blanc ou du noir selon limplosion des certitudes, avant la mort, avant le rouge ? Quand je serai physiquement mort, dans cent secondes ou dans cent ans, mon sang frémira quelques secondes, puis tout sendormira.
Quand le ciel est nu, quand mon corps sendort, mon esprit gomme et lisse. Peut-être que quelques secondes avant le sommeil, je ne veux ni noir ni blanc. Peut-être que je ne veux rien, ou que je veux tout. Lendormissement est une porte vers ce que lon ne comprend pas. Langoisse nose même pas venir. Seul lindicible se glisse à labris me nos mémoires.
Si ma vie finit par ne plus mériter cette appellation, après mûre réflexion, je pense que je naurai envie que de dormir, et je méteindrai translucide.
En attendant, je veux du noir, puis veux du blanc. Ce fatigue. Ca occupe. Je veux marcher sur les traces de Mike, marcher pour retrouver quelqu'un, dans mon désert privé. Ca fatigue. Ca occupe. Je veux voir à travers les yeux de Selma, mourir pour quelqu'un, dans mon désert privé. Ca fatigue. Ca occupe.









Merci beaucoup pour ton commentaire sur Let's Walk, il m'a vraiment fait plaisir, premier commentaire, tu as inauguré mon deviantart
Je regarderai plus tard avec plaisir ta gallerie qui a l'air magnifique.
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Sheriff + Alexandra: =
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